Ma mort m'appartient.

Ma mort m'appartient (Monique Remy)

Ma mort m'appartient

Confrontée à la dis­pa­ri­tion d'êtres chers, Camille s'interroge : quel sera son choix de mort ? Certains États offrent à leurs citoyens la pos­si­bi­lité d'un choix qui, au bout du compte, ne concerne qu'eux. D'autres inter­disent l'euthanasie dans tous les cas. Écrit à partir de faits réels, ce récit pose la ques­tion du droit de dis­po­ser de son corps au moment de fran­chir l'étape ultime de la vie. Il explore aussi, avec un certain humour, des formes de rituels qui ras­semblent des com­mu­nau­tés à l'heure des adieux. Un appel au respect d'un droit humain fon­da­men­tal, à la liberté, à la légè­reté et à la joie.

[Description de l'éditeur]

L'Harmattan, 2022
978-2-14-030399-9
72 pages

L’ultime demande

L’ultime demande (Martine Lombard)
Dis, c'est quoi l'euthanasie

L’ultime demande, c’est celle que for­mulent et réitèrent avec constance des malades incu­rables qui se savent condam­nés et sans soutien pal­lia­tif effi­cace. Plutôt que d’être contraints de subir une souf­france into­lé­rable, ils pré­fè­re­raient être aidés à mourir. Des pra­ti­ciens y sont prêts, qui savent cette demande légi­time. Quant au Comité consul­ta­tif natio­nal d’éthique, il ouvre désor­mais la voie à cette pos­si­bi­lité. Il est temps de leur appor­ter une réponse. Par la loi.

L’Ultime Demande nous met face aux réa­li­tés et analyse l’expérience concrète de l’aide à mourir telle que pra­ti­quée à l’étranger. Il importe qu’en France aussi, demain, par sa dépé­na­li­sa­tion et les garan­ties néces­saires prévues dans une loi, cette liberté soit à la portée de chacun, s’il devait être réduit à une telle extrémité.

[Description de l'éditeur]

Levi, 2022
979-1034907359
128 pages

Le médecin, la liberté et la mort

Le médecin, la liberté et la mort

Denis Labayle
Le médecin, la liberté

« Le docteur Denis Labayle est l'un des très rares méde­cins en France à défendre depuis plus de vingt ans le droit des êtres humains à choisir leur fin de vie ainsi qu'une nou­velle concep­tion de l'éthique médi­cale ajou­tant au célèbre serment d'Hippocrate : " J'accompagnerai mes malades jusqu'à la fin de leur vie et je res­pec­te­rai leur choix. "Depuis plus de vingt ans, Denis Labayle, ancien chef de service hos­pi­ta­lier, lutte pour rendre la fin de vie plus humaine. »

Plon
ISBN 978-2259-310512
245 pages

L’aide médicale à mourir et le suicide assisté

La World Federation of Right to Die Societies « WFRTDS » vous invite à par­ti­ci­per à une visioconférence-débat orga­ni­sée par l’association française ­Le Choix – Citoyens pour une mort choisie et réunis­sant des inter­ve­nants de Belgique, du Québec, du Luxembourg, de Suisse et de France. La confé­rence sera centrée sur les condi­tions et/ou les freins socié­taux, éthiques et légaux dans ces cinq pays, pour obtenir l’aide médi­cale à mourir et le suicide assisté.

Jacqueline Herremans

Jacqueline Herremans

Avocate et Présidente de l’ADMD belge

L’euthanasie a été dépé­na­li­sée en 2002 en Belgique.

Georges L’Espérance

Georges L’Espérance

Neurochirurgien, Président de l’AQDMD (Association Québécoise)

La loi a été votée en 2014 au Québec et étendue au Canada en 2016.

Jean-Jacques Schonckert

Jean-Jacques Schonckert

Avocat, Président de l'ADMD du Luxembourg

L'aide médi­cale à mourir y est légale depuis 2009.

­Jean-Jacques Bise

­Jean-Jacques Bise

Juriste et ensei­gnant, Coprésident d’EXIT Suisse Romande

En 1942 la Suisse a été le premier pays à accep­ter le suicide assisté.

Denis Labayle

Denis Labayle

Denis Labayle, Médecin, écri­vain, Coprésident du Choix – Citoyens pour une mort choisie

Denis Labayle fera le point sur la légis­la­tion exis­tante (loi Claeys-Leonetti) et les pro­po­si­tions de loi en cours dans le contexte de l'élection présidentielle.

Le 19 février 2022 à 16:30.

Les inter­ve­nants répon­dront aux ques­tions, via la mes­sa­ge­rie en direct de la visioconférence.

Lettre ouverte : 28 minutes « L’euthanasie, faut-il la légaliser ? »

Lettre ouverte de Jacqueline Herremans à propos des contrevérités proférées par M. Le Guay lors de l’émission 28 minutes sur Arte du 17 mars 2021 « L’euthanasie, faut-il légaliser ? »

À l'attention de Madame Elisabeth Quin

Chère Madame,

À la suite de votre émis­sion « 28 minutes » de ce mer­credi 17 mars sur le thème « Euthanasie, faut-il la léga­li­ser ? », j'ai reçu de nom­breux appels, pas seule­ment de membres de l’ADMD belge amis aussi entre autres de méde­cins confron­tés à la ques­tion de la fin de vie de leurs patients. Ceci incon­tes­ta­ble­ment témoigne de l'intérêt que vous sus­ci­tez auprès du public belge. Mais intérêt déçu à la suite de cette émission.

J'ai tenu à la vision­ner à tête reposée pour me faire une opinion.

D'emblée, j'étais quelque peu étonnée de votre choix des débat­teurs. Deux contre un. Certes, ne résu­mons pas le débat à pro et contra. Ce débat éthique mérite bien plus de nuances. Et pour rappel, ce que nous avons voulu réa­li­ser en Belgique par le vote en 2002 des trois lois fon­da­men­tales à ce sujet – droits du patient, soins pal­lia­tifs et eutha­na­sie – est la pos­si­bi­lité pour tout un chacun de faire les choix en ce qui concerne sa vie et sa fin de vie. Créer un espace de liberté et de responsabilité.

Ce qui a été par­ti­cu­liè­re­ment cho­quant au-delà de ce dés­équi­libre sont les paroles sans contra­dic­tion du phi­lo­sophe Damien Le Guay. Ce que l’on attend d’une per­sonne, quelle que soit sa qualité (phi­lo­sophe, juriste, médecin, etc.), opposée à l’euthanasie voire à sa régle­men­ta­tion est un rai­son­ne­ment argu­menté, étayé et non un inven­taire à la Prévert de contre­vé­ri­tés à l'égard de la Belgique, de la loi rela­tive à l'euthanasie et de son application.

Je reprends des extraits du ver­ba­tim de ses interventions :

  • en Belgique c'est l'exemple même de ce qu'il faut regar­der, des dérives abso­lues. Il suffit de regar­der les rap­ports offi­ciels qui sont faits par des ins­tances de contrôle
  • près de 50 % des eutha­na­sies ne sont pas déclarées ;
  • dans beau­coup de cas le consen­te­ment des malades n'a pas été obtenu clai­re­ment dis­tinc­te­ment parce qu'ils n'étaient pas en situa­tion ;
    ce n'est pas un médecin qui fait ces gestes là ce sont dans beau­coup de cas des infirmières.

Je présume que M. Damien Le Guay fait réfé­rence aux rap­ports bis­an­nuels de la Commission fédé­rale de contrôle et d’évaluation de la loi rela­tive à l’euthanasie, seuls rap­ports offi­ciels en Belgique. Ces rap­ports com­mu­ni­qués au Parlement peuvent être consul­tés sur le site inter­net dédié à la Commission (www.commissioneuthanasie.be). Cela étant, il est incon­tes­table que M. Damien Le Guay n’a pas pris connais­sance de ces rapports.

a) quant aux eutha­na­sies non déclarées

Dans le 9e rapport portant sur les années 2018 – 2019, nous (je suis membre de cette Commission) abor­dons cette question :

« Comme déjà signalé dans les pré­cé­dents rap­ports, la Commission n’a pas la pos­si­bi­lité d’évaluer la pro­por­tion du nombre d’euthanasies décla­rées par rapport au nombre d’euthanasies réel­le­ment pra­ti­quées. Il faut rap­pe­ler que seuls les actes ayant inten­tion­nel­le­ment mis fin à la vie suite à la demande d’un patient (art. 2 de la loi rela­tive à l’euthanasie) répondent à la défi­ni­tion légale de l’euthanasie. L’utilisation en fin de vie de drogues diverses non létales ou dont la nature létale est dou­teuse (en par­ti­cu­lier les mor­phi­niques), dans le but de com­battre la souf­france, n’est donc, par défi­ni­tion, pas une eutha­na­sie, même si elle peut hâter le décès. »

Et nous sommes deman­deurs d’une étude qui por­te­rait sur toutes les déci­sions médi­cales (pas seule­ment l’euthanasie mais aussi l’arrêt ou l’omission de trai­te­ments, l’administration massive d’opiacés, la séda­tion ter­mi­nale) ayant un impact sur la fin de vie à l’instar de ce qui est réalisé tous les 5 ans aux Pays-Bas.

Certes, qui pour­rait affir­mer que toutes les eutha­na­sies sont décla­rées ? Jamais cepen­dant nous n’arriverons à 50 %. La décla­ra­tion n’est pas seule­ment une obli­ga­tion qui pèse sur les méde­cins. C’est aussi pour les méde­cins un moment impor­tant de réflexion, de pause entre l’acte d’euthanasie qui est tout sauf banal et le retour à la pra­tique quo­ti­dienne. Par ailleurs, dans l’hypothèse où le médecin ayant pra­ti­qué une eutha­na­sie devrait répondre aux ins­tances judi­ciaires en cas d’instruction judi­ciaire, le fait de ne pas avoir rempli cette obli­ga­tion le met­trait d’emblée dans une situa­tion dif­fi­cile.
Je pour­rais encore lon­gue­ment argu­men­ter à cet égard. Ce que je peux répondre à M. Le Guay que quand bien même il aurait raison (et il a tort), ce serait déjà bien mieux qu’en France où 100 % des eutha­na­sies clan­des­tines ne sont pas décla­rées. Et pour cause : tout doit se pra­ti­quer dans la clan­des­ti­nité. Ce n’est plus le cas en Belgique grâce à la loi du 28 mai 2002 rela­tive à l’euthanasie.

b) quant au consentement

Monsieur Le Guay parle de consen­te­ment. Erreur. Il confond la situa­tion où le médecin propose un trai­te­ment pour lequel il doit recueillir le consen­te­ment éclairé de son patient et l'euthanasie. Pour l'euthanasie, celui qui consent ou non est le médecin qui reçoit une demande d’euthanasie. En effet c'est le patient et seule­ment lui qui peut for­mu­ler la demande d'euthanasie et c'est au médecin à consen­tir ou non. Que je sache tous les méde­cins qui ont fait les décla­ra­tions d'euthanasie auprès de la Commission ont consenti à poser ces gestes.

La demande volon­taire, réflé­chie, répétée et sans pres­sion exté­rieure est une des condi­tions essen­tielles de la loi, la condi­tion sine qua non. Sans demande, il ne peut être ques­tion d’euthanasie au sens de la loi belge. Et c’est notam­ment au médecin trai­tant qui reçoit la demande d’euthanasie d’examiner si la demande répond aux exi­gences de la loi. Dans l’hypothèse où le décès n’est pas pré­vi­sible à brève échéance, le carac­tère volon­taire, réflé­chi, répété de la demande sera éga­le­ment examiné par un médecin indé­pen­dant, psy­chiatre ou spé­cia­liste de la patho­lo­gie concernée.

c) quant au pro­fes­sion­nel de la santé auto­risé à poser l’acte d’euthanasie

Il est exact que la loi belge prévoit en son art. 3. § 1er. « Le médecin qui pra­tique une eutha­na­sie ne commet pas d'infraction s'il s'est assuré que »…suivent les condi­tions essen­tielles et les condi­tions de forme et de pro­cé­dure à res­pec­ter. Toutes les décla­ra­tions que nous avons à exa­mi­ner à la Commission ont été éta­blies par les méde­cins qui ont pra­ti­qué une eutha­na­sie. Le rôle de l’infirmier n’est certes pas négli­geable. Il fait partie de l’équipe soi­gnante avec laquelle le médecin aura à s’entretenir de la demande d’euthanasie d’un patient. Et il est fré­quent qu’il soit présent le jour de l’euthanasie, parce qu’il veut être là (et que le patient le sou­haite éga­le­ment) pour l’accompagner dans ses der­niers moments après l’avoir suivi parfois des mois si ce n’est des années. Cela étant, les deux per­sonnes qui prennent la déci­sion sont d’une part le patient et d’autre part le médecin, médecin qui doit assis­ter son patient jusqu’à son dernier souffle.

Trois groupes de contre­vé­ri­tés qui, bien évi­dem­ment, ne se retrouvent pas dans les rap­ports de la Commission, rap­ports officiels.

Mais ce n'est pas tout. Je reprends les paroles de M. Le Guay : « la loi belge auto­rise main­te­nant l’euthanasie pour des per­sonnes qui souffrent, qui sont en souf­france psy­chique (dépres­sion, etc.), et donc là le collège des psys est vent debout contre cette autorisation-là qui a été donnée par la loi. Et les mineurs aussi. »

Reprenons cal­me­ment. Il est exact qu’en 2014, le légis­la­teur a étendu la loi rela­tive à l’euthanasie aux mineurs. Avec des condi­tions plus res­tric­tives que les adultes. Fort heu­reu­se­ment, à ce jour, seuls 4 cas ont été rap­por­tés à la Commission. Je dis heu­reu­se­ment car le pro­blème n’est pas l’euthanasie mais bien celui d’enfants atteints d’une maladie incu­rable à qui sont volés leurs jeux d’enfants avec leur fratrie, avec leurs com­pa­gnons d’école parce qu’ils connaissent hos­pi­ta­li­sa­tion après hos­pi­ta­li­sa­tion Il est ques­tion d’enfants qui ne devien­dront jamais adultes mais dont la matu­rité se déve­loppe à pas de loup avec la maladie.

Quid des patients psychiatriques ?

Il faut d’emblée cor­ri­ger une erreur clas­sique : confu­sion entre cause et consé­quence. Un patient atteint d’un cancer peut éprou­ver des souf­frances psy­chiques. Un patient atteint de troubles psy­chia­triques peut éprou­ver des souf­frances phy­siques. Parlons donc clairement.

Le 9e rapport de la Commission aborde la ques­tion des patients souf­frant de troubles mentaux et du com­por­te­ment, dis­tin­guant les affec­tions psy­chia­triques des troubles cog­ni­tifs (p. 40 et sui­vantes). Nul besoin de modi­fier la loi. Ces demandes doivent en effet être exa­mi­nées à la lumière des condi­tions essen­tielles à savoir : la demande volon­taire, réflé­chie et répétée d’un patient com­pé­tent (jamais un mineur) qui, atteint d’une affec­tion médi­cale grave et incu­rable, d’ordre patho­lo­gique ou acci­den­tel, fait état de souf­frances phy­siques ou psy­chiques inapai­sables causées par cette affection.

Quel est ce mys­té­rieux « collège des psys » qui « serait vent debout contre cette autorisation » ?

Dans la seule ima­gi­na­tion de M. Le Guay.

Certes, M. Le Guay ne peut pas tout connaître et par exemple, ne pas lire la lit­té­ra­ture scien­ti­fique en langue néer­lan­daise. Je ne peux résis­ter à reprendre cette réfé­rence : « Hoe omgaan met een eutha­na­sie­ver­zoek in psy­chia­trie binnen het huidig wet­te­lijk kader ? » de la Vlaamse Vereniging voor Psychiatrie (Association fla­mande de psy­chia­trie), Traduction libre : « Comment traiter une demande d’euthanasie en psy­chia­trie dans le cadre de la loi actuelle ».

Mais M. Le Guay peut uti­le­ment consul­ter un texte en fran­çais : « Directives déon­to­lo­giques pour la pra­tique de l'euthanasie des patients en souf­france psy­chique à la suite d'une patho­lo­gie psy­chia­trique ». Et devinez quelle est l’instance qui a rédigé ces direc­tives publiées le 27 avril 2019 : l’Ordre des médecins !

Je pour­rais certes reprendre les contre­vé­ri­tés for­mu­lées par M. Le Guay par le passé. Il est en effet cou­tu­mier du fait. Ultracrépidarianisme ? Mauvaise foi ? Je ne me pro­non­ce­rai pas. Mais en tout cas, il n’est pas pos­sible de laisser ses propos ten­dan­cieux sans réponse.

Je me tiens bien entendu à votre dis­po­si­tion pour toute infor­ma­tion com­plé­men­taire. Si vous désirez pro­po­ser un débat entre M. Le Guay et toute per­sonne qui connaît la loi belge rela­tive à l’euthanasie et son appli­ca­tion, je suis à votre dis­po­si­tion. Mais je ne tiens pas à m’imposer : je pour­rais vous donner une liste de noms de volon­taires, méde­cins, juristes, phi­lo­sophes, socio­logues, témoins de l’euthanasie d’un proche, etc. qui seraient ravis de s’exprimer à ce propos.

Jacqueline Herremans
Avocate au barreau de Bruxelles
Membre du Comité consul­ta­tif de bioé­thique (B)
Membre de la Commission fédé­rale de contrôle et d’évaluation de la loi rela­tive à l’euthanasie
Présidente de l’ADMD – asso­cia­tion pour le droit de mourir dans la dignité (B)