Bernard Mouffe
Le Droit à la mort

Si Montaigne continue de nous exhorter, lui qui voulait une « mort molle et douce » mais, plus que tout, une « mort toute mienne » (Essais, III, 9), notre rapport à la mort reste aujourd’hui toujours diffi­cile et appa­raît souvent comme para­doxal : le (devenu) consen­suel « droit à (se laisser) mourir » n’équivaut pas au « droit à la mort », qui sonne comme une scan­da­leuse provo­ca­tion revendicatrice.

Le présent ouvrage liste les argu­ments aptes à soutenir que, dès lors qu’on n’a pas demandé à vivre, la ques­tion du choix des condi­tions et du moment dignes où l’on souhaite mourir constitue la première liberté de tout indi­vidu autant qu’un droit qui doit lui être reconnu.

Il examine donc dans le détail, à travers de nombreux exemples concrets et histo­riques, l’appréhension faite « en droit » (mais au travers aussi de la socio­logie, la philo­so­phie ou la psycho­logie) de toutes les morts : du suicide à l’euthanasie volon­taire, en passant par les ques­tions sensibles de l’avortement, de l’euthanasie du foetus, de l’eugénisme, du « droit de ne pas naître », de celui de se laisser mourir et du suicide assisté (ou eutha­nasie par compassion).

Il ne fait pas non plus l’impasse sur les suicides lents (drogues douces léga­li­sées), déguisés (acti­vités à risque) et les autres compor­te­ments anti­so­ciaux par « puni­tion de soi-même » ou « mépris de soi ».

Et il se clôt sur les raisons de sous­crire à ce droit émergent : celui, pour chacun, de pouvoir libre­ment choisir sa mort. [Description de l'éditeur]

Bruylant-Larcier, 2019
9782802764137
490 pages