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Les chiffres 2025 de l’euthanasie en Belgique

4 486 euthanasies enregistrées en 2025, soit une augmentation de 12,4 % par rapport à 2024.

La Commission fédérale de contrôle et d’évaluation de l’euthanasie (CFCEE) a récemment publié ses chiffres annuels pour 2025. Ces données offrent un aperçu précis de la réalité de l’euthanasie en Belgique, confirmant que la loi belge fonctionne grâce à un encadrement rigoureux et un contrôle strict. Aucun dossier n’a été transmis au procureur du Roi, soulignant la conformité totale des pratiques.

 

Les chiffres clés de 2025 :

  • 4 486 euthanasies déclarées en 2025
  • +12,4 % d’augmentation par rapport à 2024
  • 0 dossier transmis au procureur du Roi
  • 100 % des dossiers conformes à la loi

 

Une progression qui confirme une réalité sociale

Avec 4 486 euthanasies enregistrées en 2025, la Belgique confirme la progression régulière et structurelle du recours à l’euthanasie. Loin d’être une mode, cette évolution traduit une réalité profonde : de plus en plus de personnes choisissent de mourir dans la dignité, entourées, et selon leurs propres termes.

L’euthanasie représente désormais 4 % des décès enregistrés en Belgique en 2025, contre 3,6 % en 2024 (source : StatBel, 26.02.2026).

Un écart Nord-Sud qui persiste : 75,3 % des déclarations sont rédigées en néerlandais, 24,7 % en français. Même si la progression est proportionnellement plus forte du côté francophone (+16,6 % contre +11,1 %), l’écart reste important.

 

Qui a recours à l’euthanasie ? Un portrait nuancé

La majorité des patients ont plus de 70 ans (73,7 %), et 45 % ont plus de 80 ans. L’euthanasie reste exceptionnelle avant 40 ans (1,4 % des cas). La répartition hommes/femmes est quasi équilibrée : 52,2 % de femmes, 47,8 % d’hommes.

À noter : souffrance psychique ne signifie pas maladie psychiatrique. Un patient atteint d’un cancer physiquement contrôlé peut souffrir profondément de la perte de son autonomie ou de sa dignité. La loi le reconnaît — et c’est juste.

Les affections les plus fréquentes :

  • Cancers : 49,9 % — en légère diminution proportionnelle, mais le nombre absolu augmente.
  • Polypathologies : 29,6 % — la progression la plus marquée de 2025 (+2,8 points).
  • Maladies neurologiques (SLA, etc.) : 8,2 %, stables.
  • Affections psychiatriques : 1,6 % — rares, et toujours dans le cadre légal strict.

 

Mourir chez soi : un droit qui se concrétise

67,1 % des euthanasies ont lieu dans le lieu de vie du patient — domicile ou maison de repos. 48,5 % se déroulent à domicile. Ce sont les médecins généralistes qui jouent le rôle central : 72,8 % des médecins déclarants, premiers interlocuteurs et principaux praticiens de l’acte.

 

L’Avenir de la commission

Dans son 11e rapport, la CFCEE avait lancé un cri d’alerte compte tenu de l’accroissement de ses tâches. La CFCEE n’a pas jugé opportun de reprendre ces éléments à l’occasion de la communication des chiffres 2025. Cela étant, les chiffres parlent d’eux-mêmes : la charge administrative est colossale : près de 400 dossiers par mois.

Il reste donc à finaliser le projet de formulaire électronique et à prendre les mesures nécessaires pour soutenir le travail du secrétariat…et des membres de la Commission.

 

La position de l’ADMD

Ces chiffres sont une fierté pour notre pays et un signal fort pour l’Europe. Ils démontrent que la loi belge sur l’euthanasie est une réussite. Mais ils nous rappellent notre vigilance : sans moyens suffisants pour contrôler et encadrer cette pratique, c’est l’intégrité même du dispositif qui est menacée.

L’ADMD demande que les ressources allouées à la Commission soient à la hauteur des défis rencontrés par elle.

 

La Belgique, refuge pour ceux que leur pays abandonne

123 patients résidant à l’étranger ont eu recours à l’euthanasie en Belgique en 2025, dont 110 venus de France. Ce chiffre est éloquent : nos voisins français, privés de ce droit dans leur propre pays, traversent la frontière pour mourir dignement. C’est une responsabilité que nous assumons pleinement.

 

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