Bonjour,

Voilà quelques années que j’ai rempli mes formulaires pour l’éventuel arrêt de soins thérapeutiques et l’obtention de l’euthanasie.

Depuis quelques années aussi j’ai eu à changer de médecin. J’ai maintenant une femme. A plusieurs reprises, j’avais parlé avec elle de mon projet de fin de vie. Elle m’écoutait avec intérêt et avec un certain assentiment. Mais je ressentais un grand flou et une méfiance sous-jacente dans sa connaissance du sujet. Un jour, je vous ai demandé de m’envoyer un double de votre revue mensuelle qui me semblait des plus éclairante et riche de témoignages tant de mourants, des accompagnants familiaux que de médecins. J’ai demandé à mon médecin si je pouvais le lui remettre pour qu’elle le lise. Elle a accepté. A ma première visite suivante, je lui ai remis mes documents dûment remplis et à la visite suivante, je lui ai demandé clairement comment elle voyait exactement son rôle quand je ne serais plus à même de redire mes volontés. Elle m’a d’emblée précisé que je pourrais être exaucée même si je n’étais pas dans le coma. Cette réponse m’a d’emblée montré qu’elle était au courant de la conduite des événements. Elle m’a ensuite précisé qu’elle s’enquerrait de contacter mes témoins, de contacter les médecins contrôles requis, d’acquérir le produit létal et pour finir, dans le cas où elle ne se sentirait pas capable de faire le geste final, de trouver le médecin qui le ferait. Et, cerise sur le gâteau, que de toute façon, elle serait là en personne à mon côté.

Inutile de vous dire que je suis sortie de là bien soulagée.

Je suis actuellement en fort bonne santé, mais je voulais être sûre de ne pas terminer ma vie dans une trop grande souffrance physique ou morale ou les deux.

L’émission « questions à la Une » nous a montré Francis Vansteenwinckel tellement serein que c’était très réconfortant.

Mais tout aussi terrible d’entendre que « Euthanasie » s’oppose à « Soins palliatifs ». J’ai vu, mon frère mourir en soins palliatifs dans la plus grande sérénité, entouré de soins attentifs tant de ses frères et sœurs que du personnel. Je suppose que sa souffrance était bien maîtrisée, car il ne s’en plaignait pas beaucoup. Il n’a jamais demandé à mourir et aucun de nous n’aurait imaginé aller à l’encontre de ses souhaits. La volonté du malade d’abord, c’est une évidence.

Voilà, ce que je voulais vous dire.

J’espère que votre combat pourra continuer malgré les coups envoyés par certains dont je ne comprends d’ailleurs pas très bien l’acharnement.

Marisette L., septembre 2007