Faut-il permettre l’euthanasie aux personnes atteintes de démence ?

Les clés – La Première

Faut-il permettre l’euthanasie aux personnes atteintes de démence ?

Cette interview en podcast s’inscrit alors qu’un débat s’ouvre sur une possible extension de la loi sur l’euthanasie. Elle rappelle ce que la loi belge permet, notamment via la déclaration anticipée d’euthanasie (DAE). Mais son champ est strict : elle ne peut être appliquée que si la personne ne peut plus s’exprimer (coma, état d’éveil non-répondant ou état végétatif persistant, jugé permanent et irréversible).

Pour aller plus loin, écoutez l’émission désormais disponible sur Auvio.

Les Clés Faut-il permettre l’euthanasie aux personnes atteintes de démence ?

« Déclaration anticipée d’euthanasie : ce qu'elle permet et ce qu'elle ne permet pas »
Virginie Pirard, présidente du Comité de bioéthique
Elyn Lejeune sur base d'un podcast d'Arnaud Ruyssen RTBF La Première (rediffusion Auvio) 27 décembre 2025 à 08:00

Là où tu vas

Là où tu vas : Voyage au pays de la mémoire qui flanche

Étienne Davodeau

Là où tu vas couverture

Françoise Roy accompagne les personnes atteintes d’Alzheimer et leurs proches au quotidien. Etienne Davodeau, son compagnon de longue date, fasciné par son travail, lui demande de partager ces moments intimes où chaque instant compte. Grâce à son expérience, il dépeint avec pudeur ces vies marquées par la perte de mémoire. [Présentation de l’éditeur]

Futuropolis, 2025
ISBN 978-2754845946
154 pages

Auditions à la Chambre sur l’extension de la DAE

Auditions à la Commission de la santé et de l’égalité des chances

concernant la proposition de loi Open VLD/PS portant sur l’extension de la DAE

La déclaration anticipée d’euthanasie est un document formel, permettant de désigner une ou plusieurs personnes de confiance, qui ne s’applique que lorsque le patient est atteint d’une maladie grave et incurable, est inconscient et que sa situation médicale est irréversible eu égard à l’état actuel de la science. L’interprétation de la loi actuelle limite la possibilité de l’euthanasie aux patients qui se retrouvent dans une situation de coma dont ils ne sortiront plus jamais conscients, par exemple en état végétatif.

Une proposition de loi pour reconnaître la validité de la déclaration anticipée d’euthanasie pour des patients présentant des troubles cognitifs telles que la maladie d’Alzheimer et qui ne sont plus en mesure de formuler une demande actuelle a donné lieu à des auditions à La Chambre. Un dossier sur ce sujet, signé par Jacqueline Herremans et Benoît Van der Meerschen, est paru dans le bulletin 170-171 (pp. 5 – 10).

La commission du 3 décembre 2024 :

La Fin du chemin

A la mémoire de l’Autre, qui un jour a décidé sereinement et en paix d’échanger son costume baigné de douleurs contre le smoking sublime de la dignité, afin de prendre place dans le train vers son orient éternel.

À Noëla

La fin du chemin approche,
À chaque jour que je coche,
C’est une fin en soi
Qui se rapproche de moi.

Une inévitable décision
Dont je me dénude, je fais ici confession
Passé du rêve à la réalité
Que j’avais avec espoir tant redoutée
Finir ces douleurs qui sont miennes.

Je vais maintenant apaiser ma coquille
Et conclure là, abrégeant mes souffrances en vrille.

La sortie de cette pénible prison

Qu’est mon corps sans joie, envie ni saisons
Moi, l’ÊTRE humain, martyr exsangue,
Captif de mon univers qui tangue.

Que mon passage vers mon orient éternel, ma mort soit douce
Est le vœu qui me pousse.

Je ne demande nulle charité, nulle absolution
Mais juste respect, une lueur d’empathie, un grain de compassion
Après, ce qui adviendra de moi
Se situe en Justice dans la dignité de la Loi
L’ENFER, croyez-moi, n’est pas après
Je l’ai vécu avant, dedans et de près
Qu’importe le Jugement des Hommes
Puisque je ne suis de moi déjà qu’un Fantôme.

Ali
Samedi 5 octobre 2024
Symposium – CHR de la Haute Senne
Écaussines

Mimi Contesse

À l’occasion d’un événement organisé à la Sorbonne par notre association-sœur, l’ADMD France, j’ai fait la connaissance de Mimi-Contesse. Elle m’a charmée par sa voix. Et pourtant, ce qu’elle avait à me dire ne relevait pas d’un conte enchanteur. Elle a donc entamé son chemin pour obtenir l’euthanasie en Belgique. La veille de son euthanasie, j’ai devisé longuement avec elle dans un café ucclois. Je dis bien deviser car elle était sereine et me racontait sa vie digne d’un roman policier avec beaucoup d’humour. Elle avait tout organisé, même une rencontre de ses amis, un jour de novembre à Paris. Je vous raconterai. Mais voici sa lettre qu’elle m’a envoyée, déclinant gentiment ma proposition qu’elle puisse faire une dernière halte chez moi avant le grand voyage.

Jacqueline Herremans

 

Lorsque j’ai écouté votre proposition…

J’ai été extrêmement touchée, émue même. Ce n‘est pas une brindille : proposer le cadre de son lieu privé pour m’offrir de la douceur et de la paix lors de mon dernier mot. Quel cadeau somptueux.

Mais je ne partirai pas tranquille si…j’avais abusé de votre bienveillance et que certains soirs l’idée de la mort traîne encore dans votre salon. Mais je ne partirai pas tranquille si je sacrifiai mon confort à ma détermination

Je me dois de faire face une dernière fois à mes blessures, aux monstres qui me hantent encore parfois. Je me dois de faire face au mot Hôpital et une dernière fois le regarder en face. Ah monstre, je n’ai plus peur de toi, je vais te défier une dernière fois. Je me dois… par respect pour vous, par respect pour moi.

Et aussi, parce que je veux redire que j’ai trouvé en Belgique l’humanité et la légalité que je souhaitais. Je vais pouvoir terminer ma vie dans la loi, debout, souriante et digne.

La Belgique met dans le même service dans les mêmes locaux les soins palliatifs et le soin ultime, laissant entendre qu’ils sont juste le choix de chaque humain adulte et responsable de lui-même, laissant entendre que la loi protège ce choix.

Alors, je voudrai que ceux et celle qui m’accompagneront le jour de ma dernière révérence sachent que mon choix est aussi un rêve que je fais pour mes proches et mon pays. Un rêve qui évoque… la musique de Bach jouée par Rostropovitch qui aidait le mur de Berlin à tomber.

Pourrait encore à ce jour aider à tomber en poussière un autre mur ? Le mur qui sépare ceux qui croyaient au ciel et ceux qui n’y croyaient pas… Ceux qui préfèrent attendre et ceux qui souhaitent finir plus vite

La loi belge m’a rendue la responsabilité de ma personne, ma citoyenneté et a pris en compte ma souffrance avec humanité. La loi belge m’a rendu justice

Je vais pouvoir mourir dans la dignité, souriante et debout… Tout est en ordre

Mimi Contesse