Ma fille s’est battue pendant deux longues années contre une leucémie aiguë à Bordet.

En mars 2015 quand il n’y avait plus de l’espoir, Cristina a préféré partir dans la dignité au lieu d’attendre un départ en souffrance, probablement dans son cas, par suffocation.

Cristina nous a permis de garder le souvenir d’un départ serein. Elle était entourée par ses amis et sa famille, ainsi que par le corps médical et les infirmières.

Elle est partie sachant que nous tous nous l’aimions énormément. Nous étions plus d’une dizaine autour d’elle et tout s’est passé en douceur, avec respect et Amour.

Nous étions soulagés de constater son bonheur en choisissant de ne plus souffrir.

Aujourd’hui ce « cadeau d’amour » nous permet de nous souvenir d’elle apaisée.

En partant Cristina a remercié le médecin qui a posé le geste en ajoutant « j’ai beaucoup souffert pendant ces deux années, mais j’ai eu aussi des moments de bonheur« .

Cristina avait choisi la chanson « Je ne regrette rien » pour son adieu au Crematorium. Ce choix témoigne bien de son ressenti.

Nous sommes admiratifs de son courage et de sa dignité. En outre, nous sommes conscients que l’euthanasie l’a libérée même si elle nous manque terriblement et nous a permis, à mon mari et à moi, de garder un souvenir ému de notre fille avec son sourire légendaire sur les lèvres lorsqu’elle est partie. La pensée de son visage serein et souriant nous aide à surmonter son absence. À ce moment-là, nous avons retrouvé notre fille telle qu’elle était avant la leucémie et c’est cette image que nous souhaitons garder d’elle, cette image qui a effacé le souvenir de la maladie.

Après avoir vécu cette expérience, je ne peux que préparer aussi l’avenir et penser à mon entourage.

A tous ceux qui un jour se sont battus pour que nous puissions faire appel à un départ programmé, je leur dis M E R C I du fond du cœur au nom de tous les miens.

A.d.M, décembre 2015