En Belgique, j’ai assisté au départ choisi de trois amis, ce témoignage correspond à l’un d’eux.

« Mariette avait 67 ans. Après s’être soignée et battue pendant quelques années… la maladie l’a rattrapée pour ne plus la lâcher : rechutes, chimios, répits de plus en plus courts, nouvelles métastases, etc. !

A un moment, l’épuisement, tant physique que psychique et l’horizon qui s’assombrissait sans espoir ont fait qu’elle a demandé à son médecin, le docteur D., à bénéficier d’une euthanasie. Cela faisait des années que Mariette avait établi un dialogue avec son généraliste qui lui avait promis d’être là et qui n’a pas failli le moment venu.

Elle et moi, nous connaissions depuis longtemps. Elle vivait seule et n’avait pas de famille proche. Mariette avait décidé de mourir chez elle.

Le jour choisi, nous avons encore discuté paisiblement, amicalement, avant que son médecin n’arrive. Il y avait des mois que je n’avais vu mon amie si sereine et souriante. Elle m’a même rappelé à qui donner ses plantes après !

Le docteur D. a redit à Mariette qu’elle pouvait changer d’avis si c’était son souhait. « Non, docteur, c’est maintenant, je vous remercie d’être là ».

Nous nous sommes tenu la main et, très vite après l’injection, cette main dans la mienne s’est détendue… Mariette était partie.

Ce médecin a été formidable, je sais que pour lui ça n’était pas facile, mais il a tenu parole et n’a pas abandonné sa patiente ! »

Nathalie Andrews, mars 2013