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Le Bulletin n° 176 est paru !

Le premier numéro 2026 du bulletin trimestriel de l’ADMD est disponible. Jacqueline Herremans y consacre son éditorial à la déclaration anticipée d’euthanasie et à la pétition citoyenne lancée en hommage à Lode Deconinck : 2026 sera-t-elle l’année de son extension législative ?

Au sommaire également, une analyse approfondie de l’affaire Noelia Castillo, cette jeune Espagnole paraplégique dont la demande d’euthanasie a été suspendue pendant près de deux ans par des recours judiciaires avant d’être finalement accordée le 26 mars 2026, l’occasion de comparer les législations belge et espagnole. La section Culture rend hommage à Roger Lallemand et présente l’ouvrage La mort confisquée d’Elsa Walter et François Blot.

Le bulletin comprend par ailleurs les rubriques pratiques habituelles : consultations de fin de vie, antennes régionales et informations aux membres.

→ À lire également :
Pétition en hommage à Lode Deconinck : les quotas wallons et bruxellois ne sont pas encore atteints
Déclaration anticipée ou demande actuelle d’euthanasie ? Clarifions ensemble
Démence évolutive : combler la lacune de la loi belge sur l’euthanasie
L’appel de Lode pour une fin de vie digne

Pétition en hommage à Lode Deconinck : les quotas wallons et bruxellois ne sont pas encore atteints

Il manque encore 5 000 signatures en Région wallonne et 700 en Région de Bruxelles-Capitale pour que la pétition atteigne les seuils régionaux requis, condition indispensable pour qu’elle soit recevable et donne lieu à une audition par la Chambre des représentants de Belgique.

Lode Deconinck, 54 ans, atteint de démence précoce, a choisi l’euthanasie en février 2026 alors qu’il était encore lucide. Sa lettre posthume aux responsables politiques a relancé le débat sur les limites de la déclaration anticipée d’euthanasie. Ses proches ont recueilli plus de 46 000 signatures, l’immense majorité en Flandre.

Bonne nouvelle : le délai a été prolongé jusqu’au 30 juin. Il est encore temps d’agir.

Signez la pétition et faites entendre votre voix auprès de la ministre de la Justice Annelies Verlinden, en charge de la réforme de la loi relative à l’euthanasie.

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Déclaration anticipée ou demande actuelle d’euthanasie ? Clarifions ensemble
Démence évolutive : combler la lacune de la loi belge sur l’euthanasie
L’appel de Lode pour une fin de vie digne

Bertrix 23/06/2026

Conférence :
les déclarations de volontés anticipées

organisée par Âgo asbl.

mardi 23 juin 2026 à 14h

salle du conseil communal

Rue de la gare 38
à 6800 Bertrix

 

Comment parler de fin de vie ? Quels sont nos droits ? Quelles démarches peut-on anticiper ?
L’ADMD proposera une conférence informative pour mieux comprendre ces questions, s’informer et échanger dans un cadre accessible à toutes et tous.

Une rencontre pour prendre le temps de s’informer, poser ses questions et mieux connaître les possibilités qui existent.

 

Infos & inscriptions : Sophie Picard
sophie.picard@ago-asbl.be – 0476/78 05 89

Démence évolutive : combler la lacune de la loi belge sur l’euthanasie

Démence évolutive : combler la lacune de la loi belge sur l’euthanasie

Après l’appel de Lode pour une fin de vie digne et la pétition citoyenne portée par ses proches, le débat sur l’élargissement de l’euthanasie aux personnes atteintes de démence évolutive s’installe durablement dans l’actualité francophone. Les 4, 5 et 6 mai derniers, la RTBF y a successivement consacré une séquence du Monde en direct, un sujet de son JT de 19h30, puis le Débat du jour de Matin Première, avec les journalistes Alain Gerlache et Ivan De Vadder. Autant d’occasions de revenir sur ce qui constitue, aujourd’hui, une véritable lacune de la loi belge.

Quelques chiffres

  • 210.000 Belges sont aujourd’hui atteints d’une forme de démence (source : Stopalzheimer.be) — un chiffre qui devrait progresser de 20 % dans les dix prochaines années.

  • Près de 4.500 personnes ont obtenu l’euthanasie en Belgique en 2025, soit 4 % des décès enregistrés.

  • 39.706 signatures ont été remises à la ministre de la Justice le 21 avril 2026 ; la pétition reste ouverte jusqu’au 31 mai.

 

Une déclaration anticipée trop étroite

La présidente de l’ADMD, Jacqueline Herremans, le résume sans détour :

« La déclaration d’euthanasie anticipée est insatisfaisante parce qu’elle ne s’adresse qu’à des personnes qui se trouvent dans une situation d’état végétatif par exemple. Elle n’est pas une réponse par rapport à l’angoisse de patients atteints de démence précoce qui voudraient être rassurés, en se disant “je veux encore vivre quelques années mais je crains de passer de l’autre côté du miroir et qu’on n’entende pas ma demande”. C’est la raison pour laquelle il est très important que nos gouvernants entendent ce cri, cet appel des amis de Lode. »

Pour rappel, en Belgique, il y a deux façons de pratiquer l’euthanasie :

  • Demande actuelle : faire la demande à son médecin en étant lucide, complètement conscient. En 2025, 70 patients atteints de troubles cognitifs (Alzheimer, démence de corps de Lewy, etc.) ont obtenu l’euthanasie sur la base d’une demande actuelle.

  • Demande anticipée : euthanasie pratiquée sur une personne incapable de s’exprimer car elle est inconsciente et sa situation est jugée irréversible. Le document doit être rédigé à l’avance. Il ne s’applique que si la personne n’est plus capable de formuler sa volonté. Il ne sera pas possible de pratiquer une euthanasie sur la base d’une demande anticipée pour personne atteinte de démence évolutive, précoce ou non, qui ne sera pas estimée dans une situation de « coma irréversible », par exemple en état végétatf.

©Printscreen RTBF.be

« Pouvoir décrire la situation au-delà de laquelle on ne veut plus survivre »

Pour Jacqueline Herremans, l’enjeu n’est pas de remettre en cause le dispositif existant, mais de le compléter :

« Il ne faut pas jeter la demande anticipée mais il faudrait pouvoir décrire la situation au-delà de laquelle on ne veut plus survivre. Ce sera, par exemple, ne plus reconnaître ses proches, ne plus pouvoir peindre, jouer de la musique, ne plus être un homme ou une femme qui communique au sein de la société. »

L’évaluation reviendrait alors au médecin référent, en lien avec les proches et les professionnels de la santé qui suivent le patient.

 

Un débat qui avance – et qu’il faut accompagner

L’élargissement figure dans l’accord du gouvernement Arizona. Le Comité consultatif de bioéthique l’a recommandé fin 2025. La ministre de la Justice Annelies Verlinden a reçu les initiateurs de la pétition en avril et dit étudier la question. Reste à transformer ces signaux politiques en texte de loi, un chemin qui peut encore prendre des mois.

L’ADMD continue de porter ce combat aux côtés des amis de Lode et des dizaines de milliers de signataires : pour qu’aucun patient n’ait plus à choisir entre « trop tôt » et « trop tard ».

À lire également : L’appel de Lode pour une fin de vie digne

L’appel de Lode pour une fin de vie digne

L’appel de Lode pour une fin de vie digne

Une pétition citoyenne appelle à faire évoluer la législation belge afin de permettre une fin de vie digne, y compris pour les personnes atteintes de démence précoce. Le 21 avril 2026, ses initiateurs ont remis 39 706 signatures à la ministre de la Justice Annelies Verlinden.

Cette mobilisation fait suite à la lettre ouverte de Lode Deconinck, 54 ans, atteint de démence précoce, qui a choisi de recourir à l’euthanasie en février dernier. Son témoignage met en lumière une réalité encore trop peu connue : en Belgique, les personnes atteintes de démence évolutive sont souvent contraintes de choisir entre partir trop tôt… ou attendre, au risque de perdre toute capacité de décision.

Lode Deconinck avait participé à l’émission de la VRT Restaurant Misverstand, afin de rappeler qu’un diagnostic de maladie d’Alzheimer n’efface ni la dignité, ni la valeur d’une personne, ni la possibilité de vivre encore de beaux moments. Mais il connaissait aussi la réalité juridique actuelle. Dans sa lettre, il écrit : « J’aurais aimé vivre encore un peu plus longtemps. Mais à un moment donné, je n’aurais sans doute plus pu décider moi-même de ma fin de vie. Il fallait choisir. Partir un peu trop tôt, ou courir le risque de dépérir lentement pendant des années. »

Ces mots traduisent le paradoxe cruel auquel sont confrontées de nombreuses personnes atteintes de démence évolutive, que ce soit la maladie d’Alzheimer, la démence de corps de Lewy ou encore des démences à la suite d’un AVC, d’un Parkinson ou d’une tumeur au cerveau. Aujourd’hui, la loi belge impose qu’une demande d’euthanasie soit formulée par une personne encore capable de discernement. Or, dans ces cas démences évolutives, les facultés cognitives diminuent progressivement. À un certain stade, la personne ne peut plus introduire une demande actuelle valable.

Lode résumait cette impasse avec lucidité : « Avec la démence précoce, choisir c’est perdre à chaque fois ».

C’était d’autant plus troublant dans le cas de Lode, touché par cette maladie d’Alzheimer à l’aube de ses cinquante ans.

Choisir plus tôt que souhaité

Beaucoup de personnes concernées souhaitent continuer à vivre tant que des moments de qualité de vie demeurent possibles. Mais la peur de ne plus être entendu dans leurs demandes les pousse parfois à demander l’euthanasie plus tôt qu’elles ne l’auraient voulu.

C’est précisément ce que dénonce la pétition : un système qui, au lieu de protéger la liberté individuelle, pousse certains citoyens à écourter leur vie prématurément.

La pétition réclame une modification de la législation afin que les personnes atteintes de démence évolutive puissent :

  • disposer de davantage de temps ;
  • organiser leur fin de vie sereinement ;
  • faire respecter leur volonté anticipée ;
  • éviter d’avoir à choisir entre « trop tôt » ou « trop tard » ;
  • mourir dans la dignité, selon leurs convictions.

Une pétition remise à la ministre de la Justice

Le 21 avril 2026, Katelijn Van de Vijver et Thomas Soete, amis d’enfance de Lode, ainsi que Greet Lodewyckx, sa sœur, ont remis au cabinet de la ministre Annelies Verlinden les 39 706 signatures recueillies à cette date, accompagnées de 21 092 messages personnels laissés par les signataires. À l’issue d’un entretien qualifié de « constructif », ils ont résumé leur demande en une phrase : « La balle est désormais dans le camp du politique. Assez de temps a été perdu. »

L’élargissement de la déclaration anticipée figure dans l’accord du gouvernement Arizona. Le Comité consultatif de bioéthique, dans un avis rendu en novembre 2025, recommandait déjà de modifier la loi en ce sens, au nom de l’équité : la maladie prive aujourd’hui ces patients d’une possibilité que les autres conservent. Reste à ce qu’un projet de texte franchisse les étapes du gouvernement, puis du parlement — le chemin peut encore prendre des mois.

Pour Lode, trop tard. Pour d’autres, pas encore

La pétition a recueilli plus de 40 000 signatures, principalement en Flandre, où Lode Deconinck était davantage connu. Pour que cette demande citoyenne soit pleinement entendue au niveau fédéral, une mobilisation du côté francophone reste essentielle. La pétition est ouverte jusqu’au 30 juin prochain.

Dans sa lettre, Lode écrivait : « Pour moi, c’est trop tard. Mais cela ne signifie pas que cela n’en vaut plus la peine. »

L’ADMD Belgique relaie cet appel au débat, à la dignité et à la liberté de choix.