Le Malaise de la modernité

Le Malaise de la modernité

Charles Taylor
Le Malaise de la modernité

 » Raison instrumentale « ,  » désenchantement du monde « ,  » narcissisme contemporain  » : le philosophe Charles Taylor reprend ces trois thèmes dominants du malaise de la modernité. À l’écart des redondances de la mode et des facilités de la critique, il montre pourquoi l’éthique de la réalisation de soi, noyau consistant de l’individualisme, recèle une aspiration dont les présupposés bien compris seraient en fait incompatibles avec l’instrumentalisme et l’égoïsme possessif.

[Description de l’éditeur]

Lexio, 2015
978-2204104494
125 pages

Ma fille s’est battue pendant deux longues années…

Ma fille s’est battue pendant deux longues années contre une leucémie aiguë à Bordet.

En mars 2015 quand il n’y avait plus de l’espoir, Cristina a préféré partir dans la dignité au lieu d’attendre un départ en souffrance, probablement dans son cas, par suffocation.

Cristina nous a permis de garder le souvenir d’un départ serein. Elle était entourée par ses amis et sa famille, ainsi que par le corps médical et les infirmières.

Elle est partie sachant que nous tous nous l’aimions énormément. Nous étions plus d’une dizaine autour d’elle et tout s’est passé en douceur, avec respect et Amour.

Nous étions soulagés de constater son bonheur en choisissant de ne plus souffrir.

Aujourd’hui ce « cadeau d’amour » nous permet de nous souvenir d’elle apaisée.

En partant Cristina a remercié le médecin qui a posé le geste en ajoutant « j’ai beaucoup souffert pendant ces deux années, mais j’ai eu aussi des moments de bonheur« .

Cristina avait choisi la chanson « Je ne regrette rien » pour son adieu au Crematorium. Ce choix témoigne bien de son ressenti.

Nous sommes admiratifs de son courage et de sa dignité. En outre, nous sommes conscients que l’euthanasie l’a libérée même si elle nous manque terriblement et nous a permis, à mon mari et à moi, de garder un souvenir ému de notre fille avec son sourire légendaire sur les lèvres lorsqu’elle est partie. La pensée de son visage serein et souriant nous aide à surmonter son absence. À ce moment-là, nous avons retrouvé notre fille telle qu’elle était avant la leucémie et c’est cette image que nous souhaitons garder d’elle, cette image qui a effacé le souvenir de la maladie.

Après avoir vécu cette expérience, je ne peux que préparer aussi l’avenir et penser à mon entourage.

A tous ceux qui un jour se sont battus pour que nous puissions faire appel à un départ programmé, je leur dis M E R C I du fond du cœur au nom de tous les miens.

A.d.M, décembre 2015

Nacht und Traum

Ma toute petite maman de 93 ans -elle avait perdu beaucoup de centimètres en vieillissant-s’en est allée paisiblement le 11 avril dernier, au son d’un sublime lied de Schubert, « Nacht und Traum » (Nuit et rêves) qu’elle avait choisi il y a plus de 10 ans. Selon son souhait, mes deux frères et moi étions à ses côtés, soudés par le chagrin… et par la fascination de ce moment unique, beau et terrifiant à la fois, que constitue la mort de l’être aimé. Beau, car il était exactement tel que notre Mamy l’avait imaginé depuis toujours. Terrifiant, car assister au moment de non-retour reste gravé à jamais au plus profond de soi. Mais sa sérénité profonde nous a envahis, et nous sommes restés braves, comme elle nous l’avait instamment demandé.

Depuis la création de l’ADMD il y a 35 ans, Mamy avait trouvé la formulation précise de son espoir pour une fin de vie dans la dignité. Elle possédait, au fond d’un tiroir, quelques cachets censés suffire à un suicide programmé. Elle voulait tout savoir, tout comprendre, tout appréhender en connaissance de cause. Elle m’en avait souvent parlé ouvertement, et je lui avais promis que ce jour-là je serais à ses côtés.

Volontaire pendant 40 ans dans une clinique bruxelloise, notamment dans un service d’oncologie, Mamy côtoyait la mort avec émotion, mais sans appréhension. Dans sa bibliothèque, se côtoyaient « La Vie mentie », « La dernière liberté », « Trouver l’espoir face à la mort », « Changer la mort » (et « Requiem pour la vie » : Schwarzenberg était son chouchou !), « Le dernier souhait », « Mourir dans la dignité », « La dernière leçon » ou encore « Laissez-moi » pour comprendre à quel point le sujet la passionnait. Elle avait suivi, à 85 ans, une formation en soins palliatifs qui l’avait bouleversée, tant elle en voyait les limites.

Quand la légalisation de l’euthanasie a été votée, nous avons presque bu le champagne pour fêter cette liberté qui rendait à chacun sa dignité. Les réflexions d’une certaine église catholique la faisaient hurler. Mamy avait un caractère entier, ses jugements étaient peu nuancés : « J’aime, ou je déteste ». C’était pareil dans tous les domaines, dont celui de la musique, qui fut le fil conducteur de sa vie. Depuis 3 ans, et ses opérations de la hanche ratées qui l’ont amenée en fauteuil roulant, la chaîne Mezzo lui tenait compagnie toute la journée, et même lors de la visite quotidienne que mes frères et moi lui rendions, la télévision restait souvent allumée. Nous devions l’aider à manger, puis au moment du coucher, elle répétait : « Je n’en peux plus, ça ne peut pas continuer comme ça, j’en ai marre, je souffre trop ». Mais à chaque nouveau pépin (chute, opération, revalidation inutile), elle se battait, pour nous, parce qu’elle savait le chagrin qu’elle nous causerait en partant.

Plusieurs fois, elle s’est fixé une échéance. Plusieurs fois, elle a fait semblant de l’oublier. Je savais à quel point son désir de s’en aller était fort. Elle savait que nous serions terriblement malheureux. Il a fallu qu’un événement heureux se présente : celui de la naissance de son troisième arrière-petit-fils. Cette fois la décision était prise : un être naît, un autre s’en va, c’est dans la logique des choses.

La veille de son départ, elle m’a fait promettre de témoigner auprès de l’ADMD. Ce texte a été difficile à écrire, ma maman m’a appris beaucoup de choses, mais pas comment vivre sans elle. Mais je sais qu’elle a pris la bonne décision : partir quand on l’a décidé est un cadeau inestimable qu’il nous appartient de partager pour briser un tabou qui doit cesser d’exister. Merci à tous ceux qui se sont battus pour que l’idée d’une mort digne prévale sur des conceptions désuètes.

Mme C.B.-S., octobre 2015

Letzte Hilfe: Ein Plädoyer für das selbstbestimmte Sterben

Letzte Hilfe: Ein Plädoyer für das selbstbestimmte Sterben

Uwe-Christian Arnold, Michael Schmidt-Salomon
LaisserPartir

Selbstbestimmung darf nicht enden, wenn es um das Sterben geht. Dies ist das Credo des Berliner Arztes Uwe-Christian Arnold. Seit vielen Jahren begleitet er schwer leidende Menschen, die beschlossen haben, selbstbestimmt aus dem Leben zu gehen. Er kennt ihre Schicksale und ihre Motive. Dieses Buch ist ein Bericht aus erster Hand für alle, die sich über das heikle Thema Sterbehilfe eine Meinung bilden wollen. Ein leidenschaftliches Plädoyer für das Recht auf Letzte Hilfe. [Description de l’éditeur]

Rowohlt Buchverlag, 2014
978-3498096175​
240 pages

La découverte de l’éphémère

La découverte de l’éphémère : Confessions d’une cancérologue.

Claude Finet
Dis, c'est quoi l'euthanasie

Témoignage de ma profonde admiration pour mes patients, et, à travers eux, pour l’être humain en général, ce livre est essentiellement composé d’une série d’histoires vécues.
Panorama des fantastiques ressources humaines face à l’épreuve, il nous mène au coeur de ce qui différencie l’humain de l’animal : sa capacité à modifier son regard sur les choses, à trouver dans les situations les plus difficiles la force de surmonter les pertes et de repartir, souvent plus riche et plus fort qu’avant.
Chaque patient, à sa manière, nous livre une leçon fondamentale, le seul moyen d’être heureux : l’acceptation de l’éphémère.
Ce qui nous paraît facile, routinier, peut nous être enlevé d’un moment à l’autre. Rien ne va de soi, rien n’est éternel. Être capable d’accepter cela, c’est s’ouvrir au bonheur.
La vie, c’est maintenant.

[Description de l’éditeur]

Avant-propos, 2014
978-2930627939
160 pages