Vieillir… Un temps qui s’apprivoise

Vieillir… Un temps qui s’apprivoise

Colette Maskens

Ce livre est le partage d’une expérience. Il est aussi une réflexion et une invitation à vivre avec sagesse et bonheur cette étape de la vie. C’est un livre court, sobre, « vrai » qui ouvre des perspectives.

L’auteure nous raconte la montée de son sentiment d’impuissance et de sa colère à mesure que son corps la lâche. On ne l’a pas prévenue se dit-elle sans cesse. Elle a eu beau lire plusieurs livres sur le fait de vieillir, elle n’y a pas trouvé de place pour la plainte qui l’habite.

Est-elle la seule à trouver que vieillir est « chiant » comme l’a dit Bernard Pivot ? Si le chemin de l’acceptation commence par une juste vision, il lui faut alors oser dire « bien vieillir c’est difficile ».

C’est ce cheminement vers le bonheur à travers une vision lucide qu’elle a souhaité partager dans ce livre.

[Description de l’éditeur]

De Boeck; 2014
ISBN 978-2804184827
120 pages

Le temps de l’Adieu 

« J’ai fait le choix de vivre le temps qui m’était nécessaire et le temps dont j’aurais la force de vivre pleinement… Ma vie a été prolongée grâce aux soins médicaux reçus…

Voilà 25 années qui se sont écoulées depuis le jour où la mort m’a convoquée de rendre mon corps au grand corps des origines cosmiques dont il provient.

J’arriverai, donc, à ce rendez-vous du 17 décembre 2014, avec 25 années de retard !

Toute patience a ses limites, cette fois-ci le grand repos, ce corps l’attend avec soulagement.

Mais mon âme l’accepte plus humblement, le Monde est si beau…

Allons mon âme déploie tes ailes…

Ici commence le grand ailleurs que la vie tient dans son secret, à elle…

Adieu à chacune et à chacun ».

Ces lignes sont extraites du dernier message reçu de mon amie B., avec qui j’ai encore parlé la veille de son grand départ. Heureuse, sereine, sans aucun regret, elle est partie entourée de ses enfants et de deux médecins. Ci-dessous, vous pourrez lire un résumé de son parcours, parcours qui nous rappelle à tous que l’euthanasie n’est pas un droit, mais que la loi offre au patient la possibilité de formuler une demande d’euthanasie dans les situations qu’elle précise et qu’elle permet au médecin de la pratiquer sans risque d’inculpation.

Suite à un accident en 1989, cette femme fort jeune à l’époque s’est retrouvée avec des fractures, des hémorragies multiples, une grande fatigue et de plus en plus de difficultés à se préparer, sans oublier des problèmes sphinctériens. Ces douleurs étaient fort invalidantes et la morphine (entre autres médicaments) l’a aidée à tenir pour élever son fils et espérer un mieux.

Les jours « avec », cette psychothérapeute de formation a su apprécier la vie. Très créative, c’était aussi une artiste.

Les jours « sans », les spécialistes se sont accordés à dire « on ne peut rien faire de mieux pour vous maintenant ! ».

Les mois, les années ont passé. En tout cas, il s’agissait bien d’une affection créant des douleurs physiques (et aussi psychologiques) inapaisables dans le cadre d’une pathologie incurable et irréversible… depuis 1989.

Heureusement, B. était membre de l’ADMD et EOL existe. Par le biais d’EOL, son généraliste, d’abord réticent (n’ayant jamais pratiqué cet acte), a petit à petit mieux compris la demande de sa patiente et a été soutenu par un médecin référent, praticien qui a été présent même le jour de l’euthanasie.

N.A., mars 2015

La mort, privation des douceurs de cette vie

Le 2 décembre dernier, les cendres de Robert Belien, mon mari, ont été dispersées ici.

Une longue vie, nonante années passées, une carrière internationale passionnante et exigeante.

De grand sportif, il était devenu totalement dépendant ; une décennie de problèmes de santé qui se sont succédé. Il supportait douleurs et déchéance avec courage, humour et intelligence… jusqu’au jour où la perspective imminente d’une ultime dégradation l’aurait laissé complètement paralysé.

À ce moment-là, il a décidé de mettre un butoir à son existence.

Membre de l’ADMD depuis de nombreuses années, avec l’aide de son médecin traitant, il a bu la potion qui allait le délivrer de cette triste fin de vie.

J’ai toujours admiré son courage d’avoir enduré tant de souffrance avec autant de patience… Mais je l’ai admiré encore davantage, malgré mon chagrin, d’avoir mis lui-même fin à ses jours.

Ce n’est pas un acte banal…

Était-ce pour en finir avec tout l’arsenal médicalisé et les soins palliatifs (extraordinaires) qui l’entouraient… ou pour m’éviter de vivre aux côtés d’un homme à l’état végétatif ?

La mort privation des douceurs de cette vie… disait Épicure ».

Voici le texte que j’avais tenu à lire moi-même, le samedi 1er novembre 2014 au Crématorium d’Uccle, lors d’une cérémonie d’hommage aux défunts de l’année.

Pour moi, c’était surtout un témoignage qui devait parler de l’ADMD, étant confrontée régulièrement aux remarques plus qu’ignorantes (pour ne pas dire « débiles ») quand j’aborde la fin de vie de mon mari, en dehors du cercle des proches et des amis.

Dans ce texte, je n’avais pas parlé de mon vécu, que je voudrais exprimer ici.

Le 8 novembre dernier, en sortant d’un ultime transfert aux urgences de l’hôpital où mon mari était suivi, il m’a demandé de prévenir son médecin traitant, sa décision étant prise de passer à l’acte et d’organiser son départ.

Ne plus penser à soi, mais uniquement à l’autre, faire totalement abstraction de sa propre souffrance et de son chagrin, mettre tout en œuvre pour être au maxi­mum disponible pour partager ces moments précieux qui restent à vivre ensemble…

Cela a duré 3 semaines, temps nécessaire pour quelques formalités de toute nature.

Trois semaines merveilleuses pendant lesquelles nous avons évoqué nos années de vie commune, nos voyages en refeuilletant nos albums de photos, nos souvenirs, en parlant de nos amis, présents, éloignés ou disparus, en étant complices de tant de périodes de sa vie pro­fessionnelle, de ses années d’Afrique, que je n’avais pas partagées, mais que je connaissais par cœur, à force de les avoir tant entendues. J’ai souvent employé l’image d’une nouvelle « lune de miel » en repensant à cette période extraordinaire. Est-ce que cela facilite le travail du deuil ? Je n’en ai pas la réponse, mais ce que je sais, c’est que je me sens forte du message qu’il a eu le temps de me transmettre.

Le plus difficile à assumer était les réactions de notre entourage, ceux qui savaient, qui comprenaient, qui étaient bouleversés, me fragilisaient par leur émotion, et ceux qui n’admettaient pas ce choix, pour toutes leurs bonnes raisons possibles et qui m’assaillaient de leurs arguments, me perturbaient, me déstabilisaient, alors que je devais garder mon potentiel d’énergie indispen­sable, pour être la femme solide, aux côtés du compa­gnon qui va vous quitter… malgré, d’autre part, mes suggestions répétées de tout annuler, de postposer sa décision.

Le 27 novembre, le jour J était arrivé, en plus des deux médecins, quelques présences choisies étaient à son chevet.

Nous nous sommes quittés, lui tellement serein, heureux de cette délivrance annoncée, moi admirative de sa détermination.

L’état de ses veines n’étant plus capable de supporter la moindre aiguille, le choix du breuvage s’imposait… Il a bu la potion préparée et si vite, trop vite tout était fini.

Je me sens enrichie de la confiance qu’il a eue en moi, de son dernier regard, du message que je veux transmettre le plus longtemps possible en son nom… Permettre à ceux qui le souhaitent, un départ aussi paisible.

Gisèle Nyssens, décembre 2014

Monsieur le Président, laissez-nous mourir dans la dignité !

Monsieur le Président, laissez-nous mourir dans la dignité !

Jean-Luc Romero
Le Droit à la mort

Le combat pour le droit de mourir dans la dignité est une lutte longue, difficile, parsemée d’embûches. Il faut le mener avec ténacité et sans découragement. C’est le sens de l’engagement de Jean-Luc Roméro, président de l’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité depuis G ans. Inlassablement, il se bat pour le droit de chacun de décider de sa propre mort à partir du moment où sa dignité lui semble gravement remise en cause et milite pour une légalisation de l’euthanasie. Parce que l’idée qu’en France, en 2013, « on continue à expirer, seul dans une chambre d’hôpital, à 5 heures du matin, entouré du bruit métallique des machines d’assistance, avec comme seul horizon un mur beige fixé depuis plusieurs jours déjà » lui est insupportable, Jean-Luc Roméro a décidé d’interpeller François Hollande et les députés. En effet les questions de l’euthanasie et du suicide assisté doivent être débattues par le gouvernement et la représentation nationale à l’automne 2013. Ce livre rappelle combien il est grand temps de changer la loi pour instituer le droit de mourir dans la dignité. Il explique que cette nouvelle liberté doit être conquise, pour en finir avec la souffrance et « l’obstination déraisonnable » d’une « médecine sans cime ». Pour profiter sans culpabilité du moment présent, chacun doit pouvoir savoir qu’il pourra choisir de tirer sa révérence si la situation devient insupportable. [Description de l’éditeur]

JC Gawsewitch Éditeur, 2013
978-2350134413
128 pages

In Search of Gentle Death

In Search of Gentle Death: The Fight for Your Right to Die With Dignity

Richard N. Côté
In Search of Gentle Death

Richard Cote’ based this unique book on five years of intensive primary source research and more than one hundred in-depth interviews with death-with-dignity pioneers, activists, physicians, nurses, hospice workers, and their patients on four continents. It is written in narrative style for a general audience and intensely documented for the scholar. It illuminates the subject using 92 images and twelve hyperlinks to exclusive YouTube video interviews with death-with-dignity leaders worldwide. It explores the modern history of the death-with-dignity movement through the lives of its founders, leaders, and activists. Using personal case histories from around the world, it also portrays the often heart-breaking conflict between the final wishes of those who are living or dying in pain and the religious, medical, and laws which force them to spend their last days, months, or even years in avoidable pain and suffering against their clearly-stated will. [Description de l’éditeur]

Corinthian Books​, 2012
978-1929175369
479 pages