Journal d’un adieu

Journal d’un adieu

Pietro Scarnera
Journal d'un adieur

Le père de Pietro Scarnera a passé cinq ans dans un état végétatif, de 2003 à 2008. Ces longues années deviennent, avec Journal d’un Adieu, un témoignage détaillé sur les conditions de vie de ces patients. Les couloirs et les chambres d’hôpital, les objets et les règles de vie d’une clinique, la présence sibylline des docteurs, servent de toile de fond à la tenta­tive du fils de recréer une relation avec le père, devenu une personne différente et méconnaissable.
Un temps suspendu, au cours duquel se livre une bataille silencieuse pour sauver, du moins dans la mémoire de l’auteur, l’image de ce père tel qu’il était autrefois.
Sobre et aussi rationnel que possible Pietro Scarnera évite de traiter cette situation de façon dramatique, et son style dépouillé convient à merveille à cet état d’esprit. Outre qu’il aborde un moment délicat dans la vie de l’auteur, Le Journal d’un Adieu touche des questions d’actualité, et nous fait réfléchir à la difficulté de vivre dans un tel état de solitude.

[Description de l’éditeur]

Çà et là 2012
ISBN 978-2916207681
80 pages

Il s’est installé dans mes bras…

Madame, Monsieur,

Lui et moi avions rédigé une déclaration anticipée d’euthanasie, ne nous doutant pas qu’elle allait être utilisée quelques années plus tard.

En septembre 2004, on lui a découvert un cancer du pancréas, nous savions tous les deux ce que cela signifiait. Nous avons été remarquablement suivis. Nous avions fait part à l’oncologue de notre désir de connaître l’évolution exacte de la maladie, sans langue de bois, ce qu’elle a fait.

En juillet 2005, le cancer ne répondant plus au traitement, il fut arrêté. Les métastases se disséminaient dans tout le corps et atteignaient le cerveau le handicapant pour marcher, écrire, peindre et puis manger et même parler. Il a décidé, après que nous en ayons parlé, de demander l’euthanasie. Il a demandé à l’oncologue si elle acceptait, ce qu’elle a fait, se chargeant des formalités. Nous n’en avons pas parlé à notre médecin traitant, connaissant son opposition.

La date fut fixée au 2 août à 19 heures. Cette dernière journée fut paisible, nous avons profité ensemble de chaque minute de cette journée ensoleillée, passée en grande partie dans notre jardin.

L’heure arrivée, il s’est installé dans mes bras, sur le lit, sa tête contre mon cœur, sa main dans la main de son ami d’enfance installé de l’autre côté du lit.

Pendant que l’oncologue, assisté de l’infirmière en chef de l’hôpital de jour, lui injectait les produits, nous nous sommes dit des mots d’amour. Il s’est endormi, le sourire aux lèvres, paisiblement.

Il est mort comme il a vécu avec moi : beau, grand, lucide, debout.

Et si encore aujourd’hui je crève de chagrin de son absence, je souhaite à tous cette mort digne et paisible. Et je me la souhaite à moi.

Sur l’avis de décès, cette phrase qu’il avait choisie : « Mourir n’est rien, le pire c’est de ne plus vivre. J’ai choisi de partir dans le vent vers le néant ».

En ce 30e anniversaire de l’ADMD, je voulais vous remercier tous de vous être battus pour qu’il ait le choix de mourir comme il l’avait choisi : dignement.

A.–M. R., juin 2012

Vivre avec l’euthanasie

Vivre avec l’euthanasie

Quentin Van de Velde

Une coproduction CAL-CLAV avec la collaboration de l’ADMD

Le reportage de 28 minutes Vivre avec l’euthanasie permet d’approcher l’euthanasie sous un angle différent qu’un acte de mort. En effet, l’euthanasie permet aussi aux personnes atteintes de maladies graves et incurables d’envisager une nouvelle approche de l’existence et du temps qui leur reste à vivre. Ce sont eux qui prendront la décision finale au moment où ils l’auront décidé. Ils resteront acteur de leur vie jusqu’au bout. Parallèlement aux témoignages, ce reportage apporte de nombreuses informations sur l’euthanasie, la législation belge, la manière de procéder, les produits utilisés…

 Il peut être visionné sur le site du Clav.

Réalisation et montage: Quentin Van de Velde
Consultant: Jacqueline Herremans
Image et étalonnage: Mehran Mir Hosseini
Son et mixage: Jacques Nisin
Voix off: Benoît Feyt
Musique: Sound Ideas
Secrétariat de production: Marie Obolensky

 

Être ou ne plus être

Être ou ne plus être

Marcel Boisvert & Serge Daneault
LaisserPartir

Nous mourons maintenant plus vieux grâce à des découvertes médicales et pharmacologiques. Mais mourir plus vieux signifie aussi souffrir de maladies menant à une perte d’autonomie, à la solitude et à une mauvaise qualité de vie tant physique qu’affective. Récemment, des prises de position de citoyens, d’associations ainsi que des sondages sur l euthanasie, le suicide assisté, la médicalisation de la mort et la qualité des soins palliatifs ont relancé ce débat. C’est ce qui a incité le gouvernement du Québec à créer une commission spéciale pour entendre les Québécoises et Québécois sur cette question.

Une consultation aura lieu dans 12 villes entre août et octobre 2010. Les Éditions La Presse participeront aussi à ce débat unique. Deux sommités québécoises en matière de soins aux malades en fin de vie, les docteurs Marcel Boisvert et Serge Daneault, ont accepté de confronter leurs vues sur l euthanasie. La compassion exige-t-elle parfois de se rendre au désir du malade d abréger sa vie ou, au contraire, de lui tenir la main tout au long de ses souffrances jusqu’à son dernier souffle ? À une dizaine d’années d intervalle au cours de leur carrière, ces deux médecins ont dévié de leur chemin, attirés par les soins palliatifs. Au fil des ans, ils se sont retrouvés de part et d’autre du débat sur l’euthanasie au nom de la même compassion envers les malades confrontés à leur mort. Dans ce livre écrit sous forme de lettres, les deux amis s’expliquent et débattent en profondeur de cette question. [Description de l’éditeur]

Voix parallèles, 2010
978-2923491233
159 pages

À corps perdu : La mort en face

À corps perdu : La mort en face

Centre d’Action Laïque de Namur
À corps perdu

La mort interpelle. Le caractère aléatoire imprévisible de sa survenue, élément marquant d’une incertitude et d’une finitude que l’on s’efforce d’oublier, déstabilise profondément l’individu ou la communauté qui lui est confrontée. La mort fait peur. Parfois elle fascine et nous ravit…

Maison des Sciences de l'Homme, 2010
978-2804700645
304 pages